Avec Entre quatre murs (Jeu de société ”Entre 4 murs” – Maisons deux Vallées), l’objectif n’était pas seulement de transmettre de l’information, mais de permettre une véritable prise de conscience. La violence conjugale est un sujet lourd, délicat et profondément humain. Pour en parler de manière juste, il fallait une approche capable de préserver la nuance, de respecter la sensibilité du sujet et de faire émerger la réflexion sans tomber dans le sensationnalisme.
Le jeu prend la forme d’une expérience narrative dans laquelle les participant·es suivent l’histoire d’un couple au sein duquel s’installent différentes formes de violence conjugale. En incarnant l’entourage de la victime, les joueurs et les joueuses sont amené·es à observer, interpréter, questionner et intervenir. Cette posture est particulièrement forte, puisqu’elle place les participant·es dans une position proche de celle que plusieurs personnes peuvent réellement vivre : voir certains signes, ressentir un malaise, vouloir aider, sans toujours savoir comment agir.








Le projet permet ainsi d’explorer différentes formes de violence, y compris celles qui sont moins visibles ou moins immédiatement reconnues. Il ne s’agit pas seulement de montrer des situations, mais de faire comprendre des mécanismes, des rapports de pouvoir, des dynamiques d’isolement ou de contrôle, ainsi que les effets qu’ils peuvent avoir sur la personne qui les subit.
Le jeu a aussi été conçu comme un outil pour réfléchir aux gestes d’aide. Que peut-on faire? Comment intervenir? Qu’est-ce qui soutient réellement une victime? Quelles attitudes peuvent aider, et lesquelles risquent au contraire d’alourdir la situation? En mettant ces questions au cœur de l’expérience, Entre quatre murs devient un outil de sensibilisation puissant, utile et profondément pertinent.
Ce projet illustre bien le potentiel du jeu lorsqu’il est utilisé pour ouvrir des conversations difficiles avec tact et profondeur. Ici, le ludique n’est jamais là pour diminuer le sérieux du sujet. Il sert plutôt à engager, à faire ressentir, à structurer la compréhension et à rendre la réflexion plus active.